Lorsqu’à la rédaction de #ZeroFakeNews nous apprenons que l’activiste Kemi Seba est invité à un meeting en Martinique contre « l’oppression du peuple », nous ne pouvons que nous étonner de cette double amnésie.

Amnésie d’abord de ceux de nos compatriotes Martiniquais organisateurs de ce meeting, qui semblent avoir oublié qui est réellement Kemi Seba. Pourtant comment oublier qu’il fut à l’origine de plusieurs organisations extrémistes, notamment la « Tribu Ka » dénonçant le métissage et prônant la séparation raciale à l’échelle mondiale !

Comment oublier que Kemi Seba fut plusieurs fois condamné pour incitation à la haine raciale, qu’il fut à plusieurs reprises interdit d’entrer en Suisse, en Guinée, au Togo ou encore en Côte d’Ivoire !

Mais plus étonnant encore, cette amnésie de Kemi Seba lui-même, de son vrai nom Stellio CAPO-CHICHI, originaire du Bénin et membre de la Collectivité familiale CAPO-CHICHI SÊGNI MAHISSI.

Cette famille se revendique ouvertement comme descendante directe de Dah CAPO-CHICHI SEGNI, ambassadeur et Représentant Permanent du pouvoir royal sous le règne de Da-Da GLÉLÉ, roi d’Abomey entre 1858 et 1889. La collectivité familiale CAPO-CHICHI revendique par ailleurs publiquement les liens étroits de ses ancêtres avec le pouvoir royal de Dahomey, depuis le règne de GHÉZO (1818-1858) jusqu’à celui de BEHANZIN (1889-1894).

Or le royaume d’Abomey ancien royaume africain situé dans le sud-ouest de l’actuel Bénin (également appelé le Dahomey par la suite) fonde sa prospérité du XVIIè jusqu’à la moitié du XIXe siècle sur… le commerce d’esclaves. C’est précisément sous le règne de Ghézo que l’empire atteindra son apogée grâce au commerce triangulaire (18.4% de la traite atlantique a eu lieu au départ de la baie du Bénin, soit plus de 2 millions d’esclaves dont seule une partie à destination des Antilles Française)

Ces traitements inhumains se poursuivront dans le Dahomey sous Ghézo et Behanzin pendant 46 ans après l’abolition de l’esclavage aux Antilles Françaises, jusqu’à ce que la France y mette un terme en renversant BEHANZIN en 1894.

Comment expliquer alors que Kemi Seba puisse être accueilli à bras ouvert par les descendants de ceux que ses lointains ancêtres ont traqués, capturés et vendus dans des conditions inhumaines ?

Comment expliquer la légitimité de Kemi Seba à demander « réparation » au nom du peuple Martiniquais, en fustigeant les lointains descendants de ceux qui ont traité avec ses propres ancêtres ?

Nous n’avons pas la réponse… mais en attendant, nous continuerons de notre coté à lutter contre le racisme sous toutes ses formes, et invitons l’ensemble de nos compatriotes à en faire de même en restant vigilants sur les messages de haine et de division largement diffusés sur les réseaux sociaux.